Au conseil municipal, Guy Plouvier exaspère la majorité et... l'opposition

jeudi 01.10.2009, - La Voix du Nord

Thibault Tellier-Guy Plouvier : deux oppositions, deux styles.

| RONCQ |

À Roncq, les conseils municipaux se suivent et se ressemblent. Les attaques arrivent de Guy Plouvier et le groupe de Thibault Tellier se trouve alors en position de soutenir la majorité. Mardi soir, deux sujets ont animé les débats : les acquisitions d'oeuvres d'art par la ville et l'intercommunalité.

L'exaspération fait tâche d'huile. Devant les diatribes parfois populistes de Guy Plouvier, Vincent Ledoux, maire, avait du mal à cacher son agacement. Sur les bancs de l'opposition, Thibault Tellier montrait son irritation parlant « des gesticulations verbales de M. Plouvier » et du climat de suspicion qu'il fait régner au conseil. Finalement la position du groupe « Roncq avec vous » conforte le trublion sur la connivence entre la majorité et l'opposition socialiste.

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Au centre des premiers échanges entre les protagonistes : la délibération sur une décision modificative budgétaire. Face aux augmentations des dépenses d'énergie, Eric Zajda, conseiller d'opposition, a demandé à la ville « les consommations des bâtiments municipaux sur plusieurs années afin de vérifier s'il existe une véritable politique d'économie énergétique ». Demande acceptée par le maire. Mais ensuite, M. Zadja a ouvert la boîte de Pandore. « Les dépenses d'investissement baissent de 1,41 % mais parmi celles qui montent, on trouve les oeuvres d'art (+143 % soit 65 000 E). Si nous croyons en la culture pour tous, nous réitérons notre demande d'une commission ad hoc qui déciderait de l'achat d'oeuvres à un certain prix. » Guy Plouvier ne pouvait alors que s'engouffrer dans la brèche. « Nous ne sommes pas très partisans de consacrer autant d'argent à l'achat d'objets d'art. » Insidieusement, l'élu s'est interrogé sur le coût des oeuvres déjà acquises. « Ainsi cette belle Marianne combien a-t-elle coûté ? Et le triptyque bleu, blanc rouge ? » Pour le maire, les choses sont claires « La politique d'acquisition des oeuvres représente 1 % du budget. Et si vous continuez à jeter la suspicion, je vais faire un tour de table des entreprises privées pour financer les achats. Je ne veux pas un procès permanent de la politique culturelle ! » Quant au prix des oeuvres, la réponse est venue d'Eric Zajda, bon élève. « Nous nous avons demandé le prix des oeuvres aux services municipaux qui nous l'ont donné. C'est aussi simple... » Toutefois, les deux oppositions se sont retrouvées lors du vote : contre cette délibération.

Connivence ?

Mais l'alliance était de courte durée. Et c'est sur l'intercommunalité que les trois groupes se sont empoignés. Dans un premier temps, Thibault Tellier s'est interrogé sur la pertinence de confier au syndicat intercommunal Lys Nord Métropole (LNM) l'instruction des autorisations de droits des sols (Roncq s'est alliée avec Bondues pour ce travail). « Lors du transfert de compétences de l'État, la communauté urbaine (LMCU) n'a pas voulu se saisir de ce domaine alors qu'elle a les compétences. C'est dommage ! », a répondu Vincent Ledoux.

Guy Plouvier attendait son heure. Il s'est interrogé sur les rôles de LMCU et du syndicat intercommunal et sur les futures compétences des maires. « Les contrats de territoire de LMCU se font avec les maires. L'impératif est de mutualiser les moyens... » Mais Guy Plouvier a préféré se focaliser sur la connivence qui lierait Vincent Ledoux, vice-président à Martine Aubry, présidente de la communauté urbaine. Exaspéré, le maire a préféré passer au vote.

ANNE COURTEL

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