Pâturage et défrichage au cœur du débat budgétaire (La Voix du Nord )

Les poneys chargés du défrichage de la voie ferrée en cours de réaménagement ont été les vedettes inattendues de ce conseil municipal centré sur l'adoption du budget 2010. Un budget voté pour la première fois à Roncq par anticipation sur l'année nouvelle afin « d'être opérationnel », selon le maire, Vincent Ledoux, « dès le premier jour de 2010 ».

PAR CAROLE MOCELLIN

1. Trois mois d'avance. En présentant au vote son budget 2010 avec trois mois d'avance, Roncq entend bien affronter une « année charnière » qui doit voir le Parlement déterminer les termes de la réforme de la taxe professionnelle qui constitue l'essentiel des ressources des communes. Pour le maire et son équipe, il s'agit aussi de disposer dès janvier de l'outil indispensable à la mise en œuvre de sa politique tout en intégrant une contrainte supplémentaire pour les recettes : l'obligation de maîtrise des dépenses publiques demandée par l'État et inscrite dans le projet de loi de finances 2010. Bref, pour Vincent Ledoux, l'heure est venue : « d'un changement culturel dans la conduite des politiques locales » C'est-à-dire globalement d'adopter de multiples stratégies « pour disposer de plus de moyens sans que cela coûte plus cher » d'autant plus que la commune maintient son engagement à ne pas augmenter le taux d'imposition fiscale.

À ce titre le projet de lecture publique par la mise en réseaux des bibliothèques de Tourcoing et de Roncq avec un tarif unique en est un exemple.

Une « mutualisation des moyens » qui n'est qu'à ses débuts si l'on en croit Vincent Ledoux pour qui « la réussite de Tourcoing sera celle de Roncq au sein de la communauté urbaine ». Ce budget « de la modération dans les dépenses ordinaires et de transition pour ce qui est des investissements » qui s'élève à 19 332 700 euros a été adopté. Trois millions d'euros seront consacrés aux investissements. L'opposition représentée par le groupe « Action roncquoise citoyenne » de Guy Plouvier ainsi que le groupe « Roncq avec vous » de Thibault Tellier a voté contre.

2. Le défrichage comme seul débat. Mais mardi au grand dam du maire et de son adjoint aux finances, Patrick Bossut, il n'y a pas eu de débat budgétaire. L'attention s'est portée sur le défrichage de la voie ferrée par les poneys de la société Ecozoone de Bousbecque. Il faut dire qu'ils y ont été vigoureusement invités par Guy Plouvier qui a interpellé le maire sur ses « mauvaises qualités de négociateur ». « Roncq a déboursé 50 000 euros pour défricher deux hectares et demi de terrain alors que la ville de Lomme n'aurait payé que 9 000 euros pour nettoyer 30 ha », a-t-il lancé. Aussitôt l'équipe municipale a allumé un contre-feu. Et d'arguer que « comparer les prestations d'Écozoone entre Lomme et Roncq relevait de la malhonnêteté intellectuelle ». Car explique-t-on, si à Lomme les poneys d'Écozoone ont été loués pour défricher une surface fermée par un enclos, c'est sur un mode de « pâturage » qui a duré une année. De plus, Lomme a mobilisé deux employés municipaux pour s'occuper des animaux, ce qui n'a pas été le cas à Roncq. Et de noter que de ce fait, la facture lommoise s'élève à 60 000 euros.

À Roncq, la quinzaine de poneys mobilisés pour le nettoyage de la voie ferrée broutaient sur le mode « défrichage ». En outre Écozoone a assuré une prestation globale soit 1 100 heures de travail sur l'année. Et de conclure histoire de couper l'herbe sous le pied de l'opposition qu'une intervention de type mécanique aurait coûté la somme de 100 000 euros sans préjuger de son impact sur l'environnement. •

 

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