budget pas si tranquille que ça (la voix du nord 19/02/09)

Tourcoing va, en effet, créer une médiathèque dans l'ancienne conciergerie de l'usine Sebi. Le bâtiment de 340 m² serait étendu à 560 m² et intégré dans le projet de restructuration urbaine du quartier de Belencontre. Cette médiathèque devrait voir le jour en 2011. «  La ville de Tourcoing nous a proposé de nous associer à son projet de médiathèque rue Fin-de-la-Guerre. Cela peut être une opportunité pour nous », a expliqué le maire de Roncq. Et Vincent Ledoux a confié l'étude de ce projet intercommunal à... Thibault Tellier, «  particulièrement compétent dans ce domaine ».

Alors, mardi soir, lors du conseil municipal, ce fut au chef de l'opposition socialiste de répondre à Guy Plouvier (Action roncquoise citoyenne) qui refuse ce projet. « Allons-nous condamner notre propre outil ? On va déshabiller Roncq pour habiller Tourcoing. Pourquoi ne pas utiliser l'argent qui sera investi dans la médiathèque pour agrandir et enrichir notre bibliothèque ? Les Roncquois ne sont pas en osmose avec Tourcoing, ils n'iront pas », a affirmé péremptoire, Guy Plouvier qui aurait préféré un projet intercommunal «  avec des villes de même taille et de la Vallée de la Lys ».

« Répondre aux besoins des Roncquois »

Mais pour Thibault Tellier comme pour la majorité, Roncq ne peut écarter une telle opportunité. «  Notre bibliothèque fonctionne bien, mais est un peu à l'étroit et les besoins des Roncquois dépassent cet équipement. Il faut maintenant définir avec Tourcoing notre niveau d'engagement. Il faut inventer un nouveau mode culturel. » Michel Pétillon, adjoint aux déplacements, a rappelé l'arrivée de la ligne de bus à haut niveau de service qui va relier Roncq à Tourcoing. «  Les transports en commun ne seront plus un problème. » Enfin, Vincent Ledoux a plaidé pour la multiplication des projets intercommunaux avec Tourcoing (le syndicat Lys Nord Métropole appréciera). «  Le succès de Tourcoing sera aussi le nôtre. Il faut une majorité d'intérêt général sur ce projet à savoir : quelle lecture publique voulons-nous ?

 » Enfin, Vincent Ledoux n'exclut pas de garder à Roncq un point lecture dont la gestion des collections et le fonctionnement s'appuieraient sur la médiathèque de Tourcoing. Le projet ne fait aujourd'hui que se dessiner. Rien n'est encore joué. •

ANNE COURTEL

s'offrait une Maison folie. C'est l'idée qu'a lancée le maire : il veut transformer l'Espace jeunes en lieu culturel... dès cette année.

«  L'Espace jeunes est sous-utilisé. Il pourrait trouver une nouvelle orientation. » Ouvert en 2001, l'Espace jeunes, installé au pied du Bois Leurent, n'a jamais vraiment trouvé sa vitesse de croisière. «  Alors aujourd'hui il convient de le réinvestir », estime le maire Vincent Ledoux. Et l'idée est née de convertir le bâtiment en Maison folie. Douze structures culturelles* ont ainsi vu le jour au moment de Lille 2004. Objectif : faciliter l'accès à la culture en tant que spectateur, mais aussi en tant qu'acteur.

L'idée séduit Vincent Ledoux. «  Nous voulons un lieu de représentation et de créativité artistique que ce soit en musique, arts plastiques... mais aussi dans le domaine culinaire qui me paraît important. On a besoin d'un lieu où s'exprimer. » Le maire imagine installer une structure dans le dojo et la Poste en centre-ville. Mais le coût des travaux a contraint la ville à changer d'orientation et à opter pour l'espace jeunes. «  Le beau dojo accueille toujours les arts martiaux. En revanche, la Poste ne peut rester ainsi. Nous étudions un projet de logements. »

Dans une dynamique

Roncq va donc transformer l'espace jeunes. «  Il faut supprimer le bar central qui coupe l'espace et peut-être envisager ensuite une extension ou l'aménagement d'un théâtre de verdure. De toute façon, ce sera une maison folie dédiée à la jeunesse. » Et le maire veut aller vite. «  Notre but est aussi d'entrer dans le réseau des Maisons folie et ainsi profiter de leur programmation culturelle.  » Car Roncq veut inscrire son nom au fronton des villes culturelles. Ainsi la commune s'est inscrite à Lille XXL. Un événement autour de la Pologne est annoncé le 21 mars.

En octobre, Roncq sera également l'une des trois villes à accueillir la rétrospective de Peter Klasen avec Lille et Dunkerque. «  Nous sommes très heureux, c'est un grand artiste. Les Anciennes Écuries peuvent être un lieu d'exposition très intéressant. Et cela commence à se savoir.

 » Les écoles pourront notamment travailler autour des oeuvres photographiques et des peintures de Peter Klasen.

La ville réfléchit également à la mise en place


C'était le gros morceau du conseil municipal de mardi. Les élus devaient adopter le budget 2009. Un exercice financier que la majorité municipale a voulu « militant » mais que l'opposition a rejeté

Selon le maire, Vincent Ledoux, Roncq n'a pas «  les difficultés que connaissent d'autres collectivités territoriales ». Le budget 2009 de Roncq s'élève à 22 millions d'euros (15,7 pour la section de fonctionnement et 6,8 en investissement).

Cela permet à la majorité de ne pas augmenter les taux d'imposition et de continuer sa politique d'investissement. «  Roncq peut poursuivre sans stress et sans complexe son programme de rénovation urbaine. Le budget 2009 n'est pas un budget de retrait mais bien un budget d'engagement, un budget militant. » Ainsi 5,6 millions d'euros de nouveaux investissements sont programmés, ce qui va permettre à la ville de recevoir le versement avancé de la TVA, soit un million d'euros. «  Et l'emprunt ne sera que de 2,7 millions d'euros », a annoncé le conseiller municipal aux finances, Patrick Bossut.

Objectif affiché par le maire : «  préparer la cité de nos enfants ». Ainsi les écoles, les églises, les équipements sportifs, le Blanc Four vont notamment profiter d'enveloppes budgétaires. De même la politique familiale va être à l'honneur avec le projet d'un relais d'assistantes maternelles, un jardin d'éveil et une maison famille. Enfin parmi les projets : la création d'un parc rural au Blanc Four, l'aménagement de la boucle des deux clochers (parcours sportif, historique, culturel avec l'achat d'oeuvres d'art), l'aménagement d'une maison folie... La ville a également décidé d'augmenter de 2,8 % les subventions aux associations et de maintenir le budget du CCAS à 330 000 E, alors que celui-ci dégage un excédent de 170 000 E.

Côté fonctionnement, la municipalité veut revoir le fonctionnement des services municipaux. « L'action publique ne se conçoit plus sans évaluation, a annoncé Vincent Ledoux. Nous devons aussi dépasser nos organisations monolithiques où chaque collaborateur est cantonné à son coeur de métier, condamné à la technicité mais privé de diversité. » Il n'est pas sûr que cela fasse l'unanimité





L'étude du budget primitif peut être un sport de combat ; à Roncq c'est plutôt une épreuve d'endurance. Il a fallu deux heures pour que le budget primitif 2009 soit adopté. Deux heures pendant lesquelles, la majorité a essayé de convaincre l'opposition du bienfait de ses choix budgétaires... sans emporter la victoire. Le budget a été adopté malgré le contre des deux groupes d'opposition.

Pourtant Guy Plouvier, pour le groupe Action roncquoise citoyenne, comme Thibault Tellier, au nom de Roncq avec Vous, ont salué la baisse des dépenses d'investissement. Mais Guy Plouvier, en joueur de ping-pong, renvoya très vite la balle dans le camp du maire. «  Il y a des investissements indispensables, des investissements utiles et des investissements souhaitables. On ne parle pas, par exemple, d'une salle des fêtes dont Roncq aurait besoin. De même il faudrait développer les capacités d'accueil des activités sportives. » Les propositions ont fait sourire le maire. «  Elles vont dans le sens de l'alourdissement de l'investissement. Non ? » Le conseiller municipal rappela alors son opposition à différents projets culturels jugés « pas indispensables ». Conclusion de Guy Plouvier, «  Je ne me ferai pas de déchirure musculaire en faisant le grand écart. Nous sommes dans l'opposition, nous y restons, nous votons contre. »

À fleuret moucheté

Du côté du groupe mené par Thibault Tellier, la contestation a été menée à fleuret moucheté. S'il approuve la provision de 46 000 E pour l'acquisition d'oeuvres d'art (à laquelle devrait s'associer le groupe Auchan), il regrette l'absence de ligne budgétaire pour le développement durable et s'étonne que le budget 2009 ne prévoit pas une caisse pour aider les Roncquois touchés par la crise. «  C'est faux, a rétorqué Vincent Ledoux. Nous anticipons avec le budget du CCAS. Nous avons mobilisé une personne qui fera le lien avec les différents acteurs de l'emploi. » Autre reproche de l'opposition : les dépenses de fonctionnement continuent de croître. Vincent Ledoux leur a répondu qu'elles ne progressaient que de 5 %. Mais l'argument n'est pas suffisant pour le groupe socialiste. «  Ce budget engage la politique de la majorité. Il serait illogique pour nous de le voter même si plusieurs de nos propositions ont été entendues. » Toutefois si l'opposition roncquoise n'a pas approuvé le budget, elle a voté la proposition de la majorité de voter le maintien des taux communaux d'imposition, même si Guy Plouvier a saisi l'occasion pour jouer les Cassandre. «  Je ne suis pas sûr que dans les années à venir, vous ne serez pas contraints d'augmenter les taux... » Fin du round budgétaire, victoire de la majorité par 28 voix contre cinq.

 
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